18 avril 2010

Vient de sortir...

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... L'Egypte antique, dans la collection Tothème, une encyclopédie junior pour les 7-12 ans sur le thème de l'Egypte ancienne aux éditions Gallimard jeunesse.

16 septembre 2007

THEAGENE DE THASOS

Je suis rentrée il y a quelques jours d'un chantier de fouilles à Thasos (l’île la plus importante au nord de la Grèce) et je ne résiste pas à l’envie de vous faire découvrir le héros local, Théagène, qui vécut au Ve siècle av. J.-C. Théagène de Thasos fut un des athlètes les plus célèbres de l’Antiquité. On raconte qu’à l’âge de neuf ans, Théagène, déjà doué d’une grande force, aurait retiré de son socle une statue de bronze pour la ramener chez lui. Indignés par ce sacrilège, certains Thasiens voulurent le condamner à mort mais finalement, il fut seulement obligé de ramener la statue à sa place. Néanmoins, l’histoire fit le tour de la Grèce. Plus tard, Théagène devint un redoutable boxeur et remporta plusieurs titres dans les plus grandes compétitions de Grèce : Il remporta la victoire aux Jeux Olympiques en boxe en – 480 et en pancrace en – 476. Et il décrocha 10 titres de victoire en boxe ou en pancrace aux Jeux Isthmiques, 9 titres aux Jeux Néméens et 3 titres aux Jeux Pythiques. Pausanias rapporte même qu’il aurait gagné à travers toutes ses compétitions grecques plus de 1400 couronnes célébrant sa victoire. Sa gloire était telle que les Thasiens, fiers de ses origines, en firent un véritable héros. A sa mort, on érigea à sa gloire une statue sur l’agora. Mais c’était sans compter la rancœur et la haine d’un de ses rivaux (dont l’histoire n’a pas retenu le nom) qui décida de se venger des défaites que Théagène lui avait infligé sur la statue du héros. On raconte que toutes les nuits, il s’en allait flageller la statue de son rival. Manque de chance ou intervention divine, un soir, la statue se dessouda de son socle, lui tomba dessus et le tua. On peut penser que l’histoire s’achève ainsi mais en fait, ça n’est que le début ! Les enfants du défunt décidèrent de poursuivre la statue en justice pour meurtre… et ils y parvinrent ! Un grand procès fut organisé et la statue fut jugée coupable de meurtre et condamnée à l’exil. On la mit sur un bateau et elle fut jetée à la mer en face du rivage de l’actuelle ville de Kavala (qui fait face à Thasos). Or suite à ce procès, une terrible sécheresse frappa l’île. L’oracle de Delphes fut consulté afin de savoir par quels moyens on devait apaiser le courroux des dieux qui devaient être responsables de la catastrophe et il leur fut répondu que les Thasiens devaient rappeler tous les exilés. De nombreux mois passèrent avant que l’on ne retrouve la trace de tous les exilés thasiens et que ceux-ci ne rentrent dans leur île natale mais la sécheresse persista. On retourna consulter l’oracle de Delphes et celui-ci fit remarquer aux Thasiens qu’ils avaient oublié de rappeler le plus célèbre d’entre eux. Ils comprirent alors qu’il s’agissait de la statue de Théagène. L’histoire raconte qu’alors qu’on cherchait désespérément à localiser la statue dans le fond marin, des pêcheurs la prirent dans leurs filets et la remontèrent à la surface. Des sacrifices furent rendus à la statue et la sécheresse prit miraculeusement fin… A partir de ce moment-là, Théagène de Thasos fut considéré par ses concitoyens comme un dieu guérisseur. On peut voir aujourd’hui sur l’agora un édifice circulaire dont on ne conserve que la base, et dans le musée, le socle d’une statue dédiée à Théagène, ainsi qu’un tronc en marbre portant une inscription indiquant où les fidèles devaient déposer leurs offrandes. Si vous avez l’occasion de vous promener dans l’agora, allez voir les restes du monument de Théagène. Vous pourrez voir sur le côté face à la mer (à env. 70 m) un anneau métallique fixé à la base de pierre. Il s’agit de la seule preuve archéologique que l’on possède pour pouvoir avancer que la statue qui était érigée à cet endroit dans l’antiquité, n’était pas seulement exposée à la vue de tous mais qu’elle recevait également des offrandes de toutes sortes, et notamment des sacrifices d’animaux (d’où la chaîne pour les retenir)…   Vous pouvez retrouver les détails de sa vie dans Pausanias (VI, 11, 2-9).  

06 mai 2007

LES COLOSSES DE MEMNON

97c29a8aea23b70a4dc8fa9b8e4f59ad.jpgEn Egypte, sur la rive ouest du Nil, près de la Vallée des Rois, se dressent deux colosses de pierre, représentant le souverain Amenhotep III, un des grands pharaons qui régna au Nouvel Empire. Ces deux statues monumentales qui le figurent assis sur un trône sont connues à tort sous l’appellation de « Colosses de Memnon » alors qu’en réalité, un seul de ces colosses représente le mythique Memnon.

Ce surnom tire ses origines d’une légende de la mythologie grecque liée à la guerre de Troie :

Eôs, la belle déesse de l’Aurore avait eu de son époux Tithon deux garçons : Hermathion et Memnon. Le premier devint roi d’Arabie tandis que le second monta sur le trône d’Ethiopie.

Appelés au secours par Priam, qui était également leur oncle, les deux frères répondirent aussitôt à l’appel du roi de Troie. Memnon et Hermathion combattaient avec toute l’ardeur et la fougue de leur jeunesse. Mais lorsque Memnon tua Antiloque, le meilleur ami d’Achille, celui-ci jura sa perte et dès le lendemain, une lutte féroce s’engagea entre les deux hommes.

Au même moment, sur l’Olympe, régnait une agitation fébrile. Téthys, la mère d’Achille et Eôs, la mère de Memnon, tentaient d’influencer Zeus, afin que leur fils soit épargné. Mais Zeus resta inébranlable. Il conduisit les deux mères devant la balance du destin. Après avoir mis la destinée des deux guerriers de chaque côté de la balance, il la stabilisa et la lâcha. Soudain, la balance s’inclina légèrement puis définitivement. La déesse de la Rosée ferma les yeux de douleur et dans la plaine de Troie, Memnon s’écroula, mortellement touché par l’épée vengeresse d’Achille.

Quelques années plus tard, le destin enleva à Eôs son dernier enfant, tué par Héraklès. C’en fut trop pour Eôs qui s’écroula, sous le poids du chagrin. Ses larmes intarissables et éternelles se répandirent à travers toute la terre alors qu’elle annonçait la venue d’Hélios dans le ciel, et produisirent ce que l’on appela la Rosée.

En Egypte, la statue colossale de Memnon, édifié en sa mémoire, vibra musicalement chaque matin, dès qu’elle était touchée par les premières lueurs de l’aurore.

En réalité, le géographe et historien grec Strabon rapporte que la statue de Memnon fut fissurée en 27 av. J.-C., lors d’un tremblement de terre. Par la suite, elle fit entendre au lever du soleil une vibration appelée « le chant de Memnon » qui cessa, lorsque la statue fut restaurée par l’empereur Septime Sévère. Ce phénomène s’explique par la dilatation du quartzite sous l'effet des premiers rayons du soleil.

Comme la statue de Memnon se dresse à côté de sa jumelle, la confusion a donné lieu à l’appellation DES Colosses de Memnon alors que l’unique et véritable statue de Memnon est celle de droite.

25 novembre 2006

NERON, INCENDIAIRE DE ROME ?

Dès son vivant, l’empereur Néron fut rendu responsable de l’incendie de Rome qui ravagea la capitale en juillet 64. Cet incendie, particulièrement violent, détruisit la plus grande partie de la cité (10 quartiers sur 14) durant plus d’une semaine.

La population vit dans cette catastrophe qui fit des milliers de victimes la main de l’homme, et plus précisément celle de Néron. La rumeur évoquait en effet une reprise du feu au sixième jour alors qu’il était pratiquement éteint (Tacite, Annales, XV), certains avaient affirmé avoir vu des soldats de l’empereur mettre sciemment le feu, et de plus, il se murmurait que l’Auguste avait en tête de reconstruire la capitale, ou tout du moins, une partie, qu’il aurait appelé Néropolis « la cité de Néron ».

Tout semblait donc accuser Néron, dont la popularité commençait déjà à décliner à cette époque-là, et le coupable sembla tout désigné.

Pourtant, la vérité est probablement toute autre. S’il est possible et vraisemblable que l’incendie de Rome n’ait pas été accidentel, la reprise inattendue et violente du feu au sixième jour semble l’attester, rien ne permet de soupçonner directement l’Auguste.

Quant aux écrits de Suétone (Douze Césars, Néron, XXXVIII) attestant que des témoins avaient vu des soldats de l’empereur mettre volontairement le feu ou abattre des maisons ou immeubles, il n’y a aucune raison de les remettre en cause mais l’auteur latin détourna sciemment ces faits de leur contexte pour mieux convaincre de la culpabilité de l’empereur. A cette époque, les Romains connaissaient déjà la technique de la « terre brûlée » et savaient donc qu’un terrain brûlé une première fois ne pouvait prendre feu une seconde fois. Ils avaient donc l’habitude – dans certains cas – d’organiser des incendies contrôlés qui leur permettaient d’éviter qu’un grand incendie – comme celui de juillet 64 – ne se répande plus.

Actuellement, les hypothèses tendent plutôt à innocenter Néron, ce qui n’empêche nullement de penser que cet impressionnant incendie semble être arrivé à point nommé et que l’empereur en ait profité, peut-être en ne faisant pas non plus son possible pour arrêter au plus vite la progression des flammes. D’ailleurs, sa réaction à l’annonce de l’incendie est plutôt insolite et déplacée, si l’on en croit Suétone (mais fait-il vraiment ajouter crédit à ses propos extrêmement virulents à l’encontre de l’empereur ?) puisque Néron aurait été pris d’inspiration à la vue des flammes ravageant la cité et qu’il en aurait composé un poème comparant l’actuelle catastrophe à la ruine de l’antique Troie.

L’empereur, conscient du grondement populaire et des rumeurs qui le rendaient responsable de la destruction d’une partie de la cité, rejeta la faute sur les Chrétiens, lesquelles, n’étaient également pas très populaires. La propagande impériale finit par aboutir et la traque des Chrétiens débuta, augurant de grands massacres.

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